En raison de l'inventaire de la boutique, toute commande réceptionnée à compter du Dimanche 18 Février 2018 sera expédiée à partir du Jeudi 01 Mars 2018.
Bébés sains à la carte
Écrit par Jérôme   
Chaque année en France, près de 400 couples porteurs d'une maladie héréditaire grave ont recours au diagnostic préimplantatoire, qui permet d'éliminer les embryons à risque. Une méthode délicate et sévèrement encadrée. Assis autour d'une table ovale dans une salle de réunion de l'hôpital Antoine-Béclère, cinq couples écoutent religieusement une brochette de médecins eur expliquer les détails techniques de l'aventure dans laquelle ils vont se lancer...

"Vous avez tous vécu des expériences un peu difficiles, intervient une blouse blanche. La plupart d'entre vous n'ont pas de problèmes de conception et certains ont déjà eu des enfants par les méthodes naturelles, pourtant vous allez découvrir les contraintes de la fécondation in vitro. Je vous préviens, c'est compliqué."

Ces futurs parents sont porteurs d'une maladie héréditaire grave, qu'ils ne veulent pas transmettre à leurs enfants. Ils ont décidé de recourir au diagnostic préimplantatoire (DPI), une technique aussi délicate que controversée qui fait actuellement l'objet de discussions à propos de la révision prochaine de la loi de bioéthique, en 2010. Le principe consiste à trier les embryons en laboratoire afin de sélectionner ceux qui ne sont pas porteurs de l'anomalie. Cette méthode, en éliminant les embryons à risque, permet d'éviter les interruptions volontaires de grossesse, mais son utilisation soulève de nombreuses questions. Jusqu'où peut-on aller dans le "baby design"?

En théorie, le tri embryonnaire pourrait être utilisé pour éviter la plupart des 4000 maladies héréditaires dont les biologistes ont identifié les gènes. Il pourrait également permettre de déterminer le sexe de l'enfant, voire la couleur de ses yeux. Nous n'en sommes pas encore là, mais certains pays commencent à assouplir cette pratique réservée au départ à des maladies mortelles pour l'enfant. En Grande-Bretagne, les autorités médicales ont autorisé récemment le recours à la sélection d'un gène de prédisposition au cancer du sein. Celui-ci n'implique pas forcément l'apparition de tumeurs, mais indique seulement un risque aggravé de les voir se développer à partir de la trentaine.

En France, la méthode a été autorisée par la loi de bioéthique de 1994, mais il a fallu attendre l'an 2000 pour qu'elle soit appliquée pour la première fois, après des années d'atermoiements du ministère de la Santé, Hervé Gaymard s'y étant opposé et ayant refusé de signer les décrets. Les conditions d'accès sont sévèrement encadrées : seuls les couples mariés, dont la femme a moins de 37 ans et dont le futur enfant a un risque certain d'être atteint d'une maladie "grave et incurable", peuvent en bénéficier.

Environ 400 couples ont chaque année recours à la sélection d'embryons dans les trois centres agréés en France, à Montpellier, à Strasbourg et ici, en région parisienne, à la maternité Antoine-Béclère. "Les demandes sont de plus en plus nombreuses et les parents doivent parfois patienter plus de six mois pour obtenir un rendez-vous, constate le Pr René Frydman, qui dirige le service. Par ailleurs, le taux de réussite, il faut bien l'avouer, est très limité: l'opération, très délicate, ne débouche sur une naissance que dans 20 % des cas." Beaucoup doivent recommencer plusieurs fois, et le nombre de tentatives est limité à trois.

Source : www.lexpress.fr